« Le retour du combat de haute intensité », tel est l’intitulé du dossier rédigé et publié par le G2S, groupe de généraux en retraite qui, encore proches de l’état-major, disposent d’informations techniques récentes. En l’occurrence, ce dossier se veut être une somme de réflexions sur les évolutions et perspectives des futurs conflits. Ces officiers généraux s’inquiètent donc du retour possible du combat dit de « haute intensité », ce niveau conflictuel étant, à leurs yeux, un marqueur de la guerre, une sorte de déterminant qui ferait passer la guerre au-delà d’un seuil, celui de l’intensité. Sans doute ont-ils adopté cette formule par anti-phrase et par contraste avec ce qu’on a appelé les conflits de basse intensité, ces « petites guerres » ou guerres en dentelle du XVIIIe siècle et, plus récemment, des conflits périphériques et lointains où, faute d’armes et/ou de combattants, il ne se passait pas grand-chose ou, alors, de façon sporadique et avec des pertes humaines limitées ; on y invoquait le slogan inconvenant de « zéro mort » comme pour exorciser ce que la guerre avait de scandaleux (selon les médias) : le risque pour le soldat d’y mourir. Lire la suite
Archives de l’auteur : vincent
Bloc-notes 3 (extraits)
Journal du confinement (23 novembre – 15 décembre 2020)
Lundi 23 novembre – J’inaugure ici la quatrième semaine de confinement, mais nous en saurons plus demain soir où le Président doit nous décrire les prochaines étapes du chemin de croix. Je vais profiter de ce répit pour relancer le sujet abordé il y a quinze jours, cette histoire de « sécurité globale » qui enflamme les médias ces derniers temps. Puisqu’ils le prennent par le plus petit bout de la lorgnette – l’article 24 de la loi qui concerne l’image visuelle des forces de l’ordre -, je vais saisir cette occasion de remettre les choses dans ce qui, à mon avis, est leur ordre de préséance. Lire la suite
Le grand bond universitaire chinois – SINOCLE – 25 novembre 2020
Le Geurs nouveau est arrivé. Geurs pour Global Employability University Ranking and Survey. Un indice mis au point par le cabinet français de conseil RH Emerging et l’anglais Times Higher Education (THE) qui dessine la cartographie mondiale de l’employabilité. En 10 ans la Chine est passée de la 11e place à la 5e place mondiale. Prenons les indices pour ce qu’ils sont, non pas la vérité mais la photographie vraisemblable d’un paysage à un moment T. Pour ce cru 2020 en pleine pandémie presque 10 000 dirigeants, de la grande entreprise à la start-up, ayant recruté cette année environ 300 000 étudiants dans plus de 20 pays et représentatifs d’une vingtaine de marchés différents ont voté afin d’évaluer 6000 écoles ou universités dans le monde.
Bloc-notes 2 (extraits)
Journal de confinement – deuxième vague
Jeudi 29 octobre 2020 - En ce dernier jour de liberté de mouvement avant au moins un mois de réclusion, j’ai foncé jusqu’aux plages de Chiberta, assez encombrées de familles vacancières qui profitaient du spectacle de la mer et de ce répit qui leur était accordé avant de retourner chez elles pour s’y enfermer. Il est vrai que dans sa furie l’océan était aujourd’hui d’une grave beauté ; blanc d’écume sur plusieurs centaines de mètres, cadencé de rouleaux impressionnants, le monstre marin s’acharnait à submerger la côte. Colère qui vient directement d’Amérique mais qui échoue encore une fois sur les rives du golfe de Gascogne. Jusqu’à quand résisterons-nous à tous ces vents mauvais, ceux de l’oncle Donald le menteur ou ceux des faux sosies du Prophète, étroitement emmêlés de bouffées de ce virus moyenâgeux ? Lire la suite
ACTUEL 58 – La logique des empires
et la possibilité d’une Europe
Derrière l’écran de fumée des événements internationaux, la vie du monde n’obéit pas seulement aux rapports de forces immédiats : elle est aussi animée par des arrière-pensées. En réponse à tous ceux qui prétendent sans en rien savoir que le « monde d’après » ressemblera à celui d’hier, ce qui a toujours été démenti dans le passé, il faut interroger l’histoire, ses sources et ses invariants, comme la très longue mémoire des peuples, leurs intérêts permanents et leurs obsessions pluriséculaires pour mettre en valeur les lignes de force des bouleversements en cours. Ceux des profondeurs ne se révèlent pas nécessairement par la houle en surface, mais la force et la nature des phénomènes en cours depuis vingt ans conduisent à penser que nous sommes les spectateurs/acteurs d’un changement de paradigme comme on en observe un tous les cent ou deux cents ans1. Lire la suite